Questions et avis sur le tramway T10 de Agir autrement pour Châtenay-Malabry

imageLes auteurs de ce texte tiennent d’abord à rappeler qu’ils sont partisans du tramway. Ils sont convaincus qu’un tel moyen de transport rendra de grands services et qu’il peut contribuer à mieux structurer les villes qu’il traversera.

· Site de maintenance et de remisage (SMR)

Point de vue : Dans le projet présenté pour l’enquête publique, il est prévu que le SMR soit implanté sur une parcelle boisée située près du Carrefour du 11 novembre à Châtenay-Malabry. Cette parcelle fait 5 ha et le SMR prélèverait 3,5 ha. Comme le fait remarquer l’Autorité Environnementale (AE) et comme le constatent les maitres d’ouvrage, cette suppression d’espace boisé vient s’ajouter aux 0,72 ha détruits sur une parcelle voisine pour réaliser l’échangeur de la Boursidière. Les maitres d’ouvrage semblent faire peu de cas de ces 4,22 ha d’espaces boisés. L’AE remarque d’ailleurs que cette suppression est en contradiction avec le Schéma Directeur de la Région Ile de France (SDRIF). Et pourtant, le Grand Paris manque considérablement d’espaces boisés, surtout quand on le compare au Grand Londres, à Rome ou à Berlin où les espaces boisés sont deux ou trois fois plus grands. Et ceci au moment où la ville de Paris elle-même lance un grand programme de reconquête et de création d’espaces verts et boisés.

Question : Les maitres d’ouvrage sont-ils conscients du trésor que représentent ces 4,22 ha au moment où L’AE signale l’existence de plusieurs terrains sur le site de Novéos dans la ville du Plessis Robinson. Ces terrains permettraient de réaliser un SMR équivalent en surface au SMR de Châtenay-Malabry. D’une part les maitres d’ouvrage ne répondent qu’en partie aux questions de l’AE en évoquant des contraintes liées à la présence de lignes aériennes à haute tension sans chiffrer ces contraintes. D’autre part, à notre connaissance, des associations et des habitants du Plessis Robinson acceptent tout à fait l’option d’un SMR sur le site « Noveos ».

Point de vue : Si finalement le SMR se réalisait sur la parcelle boisée de 5 ha, rien n’est précisé quant à l’aménagement des 1,5 ha restants. Cela confirme l’attitude désinvolte des maitres d’ouvrage envers les espaces boisés.

Question : Les 1 ,5 ha qui resteraient après l’implantation du SMR sont-ils destinés à être une friche ou entrent-ils dans une opération de valorisation des espaces boisés comme cela est fait actuellement pour la ville de Paris.

Point de vue : Si le SMR se réalisait finalement sur la parcelle boisée de 5 ha, il est envisagé des mesures de compensation. Il est même précisé qu’elles consisteraient en « un panachage de solutions entre actions locales et actions plus lointaines en Ile-de-France ». Suit un tableau qui détaille ces mesures. Certaines des mesures de compensation sont très lointaines donc pas acceptable et en tout cas peu détaillées.

Question : Dans le cas de compensations, une première question se pose : qui se porte garant que le « panachage de solutions » sera effectivement réalisé. N’y aurait-il pas lieu de désigner dès maintenant un organisme indépendant qui serait chargé de faire le bilan de ces réalisations une fois le projet terminé.

· Passage de l’avenue de la division Leclerc sur la « coulée verte » ou pont sur la LGV.

Point de vue : Les plans décrivant la ligne du tramway font apparaître un rétrécissement alarmant des voies au passage de ce pont. Dans la présentation du projet, il est précisé que le passage du tramway sur ce pont nécessite « un recalcul de l’ouvrage ». Soit en envisageant le renforcement des piles et fondations de l’ouvrage existant, soit en prévoyant la démolition de l’ouvrage qui date de 1930 et la reconstruction d’un nouvel ouvrage enjambant les voies LGV.

Le 9 septembre 2015, apparait un article dans le journal Les Echos indiquant que les services départementaux du 92 ont passé un avis de marché afin de sélectionner un maître d’œuvre pour « des travaux sur un ouvrage d’art au-dessus de la LGV Atlantique à Châtenay-Malabry » consistant à ajouter deux tabliers (un de chaque côté) au tablier étroit existant.

Et puis, lors de la réunion du 22 octobre, il est annoncé que ce pont sera entièrement refait.

Le rétrécissement qui est dessiné dans le projet initial lors du passage sur la LGV est évidemment inimaginable. Dans la présentation initiale du T10, tout cela était évoqué sous forme de questions à résoudre, mais le peu de détails donnés sur une opération aussi lourde est assez incompréhensible en comparaison des informations extensives qui sont abondamment décrites par ailleurs.

Question : Après le projet de pont dont on découvre une première version dans un article de journal et une nouvelle version dans la réunion du 22 octobre mais pas dans les rapports soumis à l’enquête publique, quel est le nouveau dessin de la ligne du tramway à cet endroit ? Est-ce que les cyclistes retrouvent un passage ? Est-ce que ces travaux sont compatibles avec les projets de la SNCF qui envisage de faire passer de nouvelles Lignes à grande Vitesse par ces voies et envisage donc, elle aussi, des travaux sur cette ligne. Quel est le coût de cette opération et qui la paiera?

· Aménagement en deux fois deux voies dans la partie haute de l’avenue de la Division Leclerc

Point de vue : le tracé considéré est une zone d’activité commerciale nécessite une circulation piétonne aisée, fluide et sécurisée. Il n’est donc pas opportun de repasser en deux fois deux voies pour les voitures.

Question : Est-il possible de laisser toute leur place aux piétons et cyclistes et donc de rester à deux fois une voie pour les voitures jusqu’en haut de l’avenue de la Division Leclerc.

· Bandes et pistes cyclables

Point de vue : Les pistes cyclables constituent maintenant un élément clé de l’aménagement urbain des villes. Les dessins en coupe qui décrivent les différentes sections de la ligne du tramway font apparaître la plupart du temps des cyclistes circulant à côté des voitures. Alors qu’en Allemagne les pistes cyclables sont isolées de la chaussée, les cyclistes locaux ne sont pas forcément apposés aux bandes de roulage en chaussée. Dans tous les cas les voies cyclables doivent être correctement marquées.

Question : Compte tenu de leur nouveauté dans les villes traversées par le T10, les pistes cyclables ou bandes de roulage seront-elles clairement identifiées et repérées aussi bien pour les cyclistes que pour les automobilistes ou les piétons ?

· Voie cyclable sur la partie clamartoise

Point de vue : Le tracé prévu est totalement irréaliste dans la mesure où la pente est importante (19% !) et par conséquent impraticable pour la plupart des cyclistes.

Question : Une solution ne peut-elle être trouvée pour prévoir une piste cyclable le long des voies du tramway ?

· Correspondances

Point de vue : Les rapports présentant le projet signalent que les correspondances par exemple avec la ligne T6 à Béclère seront malaisées. Nous sommes persuadés que des solutions peuvent être recherchées pourvu qu’on s’en donne les moyens.

Question : N’y aurait-il pas lieu de reconsidérer l’aménagement de ces correspondances, par exemple en faisant appel à des groupes de citoyens et futurs utilisateurs et qui seraient donc bien placés pour proposer les solutions les moins pénalisantes pour eux-mêmes.

· Les arbres de l’avenue de la division Leclerc

Point de vue : Les dessins en coupe le long de l’avenue de la division Leclerc font apparaître des arbres. Mais ce ne sont que des dessins et de nombreuses personnes se demandent si les arbres qui bordent actuellement cette avenue seront conservés.

Question : Est-ce que les platanes qui bordent actuellement l’avenue de la division Leclerc à Châtenay-Malabry et qui figurent sur les esquisses seront conservés ?

· Terminus « Croix de Berny » : impact sur Parc de Sceaux, impact sur les arbres situés à proximité et correspondance avec le TVM

Point de vue : Il est précisé que le terminus « Croix de Berny » sera installé en-dehors des limites du Parc de Sceaux. Nous prenons acte que le projet n’aura pas d’impact sur le parc lui-même. Par contre, il n’est pas précisé si des arbres situés à proximité du parc devront être supprimés lors de l’installation de ce terminus.

Question : Combien d’arbres seront supprimés lors de l’installation du terminus « Croix-de-Berny » ?

Point de vue : L’arrêt tramway « Croix de Berny » nous semble très éloigné de la gare RER Croix de Berny alors que les usagers passant d’un mode de transport à l’autre sont souvent amenés à courir, prenant parfois des risques au regard de la circulation automobile dense de ce secteur.

Question : Un rapprochement de l’arrêt de tramway à la gare RER ne pourrait-il être envisagé ? Si impossibilité, un aménagement de type passerelle permettrait de sécuriser complètement les usagers.

· Prolongement futur et raccourcissement de la ligne du T10 envisagée actuellement

Point de vue : L’AE demande que soit faite l’étude complète d’une ligne aboutissant à une gare de la ligne 15 du Grand Paris Express : gare de Clamart ou gare Issy RER. Si on se place dans cette perspective, nous nous posons la question : « Pourquoi le tramway actuel s’arrête-t-il en pleine forêt, à la Place du garde? ».

Question : Comme le suggère aussi l’AE, si la ligne T10 doit dans le futur rejoindre la ligne 15 du Grand Paris Express, comme le prévoit la région Ile-de-France, ne serait-il pas plus judicieux que la première partie de cette ligne s’arrête à la station Béclère et pas à la Place du garde ?

· Financement et coordination du projet

Point de vue : Au départ du projet, en 2009, le financement était de 65% pour le CD 92 (à cette époque Conseil Général 92) et de 35% pour la région IdF. Il était donc normal que le CD 92 soit le coordinateur du projet. Mais les informations données dans la lettre d’information n° 5 sur le T10 font état, en incluant l’achat des rames du tramway, d’un financement de 46,5% pour le CD 92 et de 53,5% pour la région IdF. Sans compter l’exploitation de la ligne entièrement à la charge de la région IdF (STIF).

Question : Dans ces conditions, ne serait-ce pas maintenant à la région IdF (STIF) de prendre en charge la coordination générale du projet ?

· Flous et lacunes des rapports

Point de vue : Certaines parties des rapports consultables dans le cadre de l’enquête publique sont extrêmement détaillées et donnent lieu à des centaines de pages de descriptions. Alors que d’autres parties comme la justification de l’emplacement du SMR, comportent de nombreux flous ou bien même sont carrément muettes comme le traitement du pont de franchissement de la ligne TGV par l’avenue de la division Leclerc à Châtenay-Malabry.

Il apparait que les maitres d’ouvrage ont manqué de temps pour traiter certains points durs du projet et qu’ainsi, pour ces points durs, les informations à la disposition du public sont faibles ou inexistantes. Du fait de ce manque d’information, il est extrêmement difficile de donner un avis sur certains des points du projet.

Question : Est-ce que les maitres d’ouvrage ne devraient pas s’accorder quelques mois supplémentaires pour traiter complètement tous les points durs du projet et présenter en détail le résultat de leurs études, comme cela est déjà fait pour la plupart des autres parties de ce projet.