Notre contribution à la concertation sur le devenir des terrains de Centrale et Pharmacie

Le groupe “agir autrement” a participé à chacune des réunions de concertation relative au devenir des terrains de Centrale et Pharmacie.

Cette participation a été très active avec l’exposé de propositions argumentées. Le groupe a ainsi remis au Maire de Châtenay-Malabry le bilan de ses actions et propositions :

1° Remarques générales sur les deux sites

imageNous avons souhaité participer à cette concertation car l’avenir de notre ville est en jeu. Présents à toutes les réunions de concertation, nous sommes intervenus de manière constructive et ce document de synthèse rappelle l’ensemble de nos remarques/propositions.

La notion d’éco-quartier a été évoquée pour les deux sites, nous avons voulu nous assurer que la démarche consistait bien à obtenir une labellisation : il nous a été répondu de manière affirmative. Cependant, aucun des interlocuteurs n’a été en mesure de préciser le niveau d’ambition en matière de performance environnementale du bâti, compte tenu des normes en vigueur. Ce point, qui conditionne fortement l’avenir de ces terrains et la qualité de l’insertion des constructions dans une démarche de long terme, devra être débattu. Dans la mesure où l’on s’oriente vers une reconversion partielle (qui a notre préférence) ou totale, nous voulons un projet exemplaire qui contribuera à l’image et au rayonnement de notre ville, de nature à compenser en termes d’image, le départ de l’Ecole centrale et de Pharma, deux institutions qui ont fait connaitre le nom de notre ville bien au-delà de nos frontières.

S’agissant de la méthode, le groupe a apprécié la démarche d’ouverture de la municipalité qui a souhaité associer les citoyens, mais tenons à ce que le compte rendu qui sera établi par la Mairie pour la bonne information des citoyens rappelle que notre groupe, dont l’avis converge avec les riverains du site qui se sont exprimés au cours des quatre soirées de mai et juin dernier, ne saurait se satisfaire des conclusions des travaux de la Commission du débat public (saisie en vertu de l’application française du droit européen sur la transparence des choix publics d’investissement), à savoir que les enjeux socio-économiques liés au déménagement de Centrale et Pharma étaient jugés non significatifs (sic !), de même que son impact sur l’environnement[1].

Des dynamiques économiques existent tout autour de Châtenay sans que notre ville n’en bénéficie, il est nécessaire d’avoir une attitude proactive et tournée vers ces dynamiques dont la plus importante est Saclay, autour d’un projet de « Silicon Vallée à la française », avec son cortège d’investissements dans les infrastructures urbaines, et surtout la dynamique d’innovation qui génèrera de la croissance économique à laquelle il faudra se raccrocher pour favoriser, à moyen et long terme, la création d’emplois à tous les niveaux. Il faut saisir ces opportunités tant qu’il est encore possible de le faire. Dans une moindre mesure, les autres acteurs à mobiliser sont : la Vallée scientifique de la Bièvre, ainsi que trois pôles de compétitivité : Systematic Paris-Région, consacré aux systèmes industriels complexes, CAPDIGITAL, dont l’activité porte sur les contenus et services numériques et MOVEO, qui traite du transport et de la mobilité. Il conviendra d’ajouter ces noms dans les documents de cadrage et d’informer cet écosystème économique innovant du voisinage des évolutions du projet de reconversion.

Pour Pharma et dans une moindre mesure pour le site de l’Ecole centrale, il est important de rester souple quant aux caractéristiques de l’immobilier de bureau ; en effet, une grande entreprise souhaitant s’installer viendra avec son propre cahier des charges et ne sera pas forcément intéressée par des bureaux déjà implantés. L’effort de prospection devra reposer sur des appels à propositions transparents, diffusés tant en France qu’à l’étranger, en sollicitant pour cela les services appropriés de l’Etat (ex-DATAR et Agence pour les investissements étrangers en France). Le groupe insiste pour que la proximité de Paris soit mise en valeur pour des implantations d’industriels ou d’institutions de recherche et de formation désireuses d’être à la fois proche de Saclay et proche de Paris (ligne du RER B). La dimension européenne, dans le cadre d’une dynamique de territoire en reconversion (rendue nécessaire, faut-il le rappeler, par le départ de deux institutions scientifiques et universitaires qui entrainent la perte de plus d’un millier d’emplois), est absente dans le projet. Elle devra être intégrée dans les perspectives avec la possibilité de présenter des projets au FEDER (fonds communautaires pour le développement des territoires), qui apportera des ressources complémentaires aux projets portés par la municipalité.

La labellisation « Ecoquartier » implique un certain nombre d’engagements qui ne concernent pas seulement la qualité ou les performances énergétiques des bâtiments et qui devraient apparaitre dès le début des opérations. En voici quelques exemples :

« Formaliser et mettre en œuvre un processus de pilotage et une gouvernance élargie ». Au cours des cinq réunions, seules trois personnes ont pris la parole et les autres ont gardé le silence. Cela n’a pas aidé à faire comprendre en quoi consisterait une gouvernance élargie.

« Travailler en priorité sur la ville existante ». La volonté plusieurs fois énoncée de commencer par tout raser n’est guère compatible avec la valorisation de l’existant.

« Contribuer au développement économique local équilibré et solidaire ». La responsabilité du choix des occupants des écoquartiers sera-t-elle laissée à des investisseurs cherchant le maximum de rentabilité ou bien une orientation demandant quelques investissements spécifiques sera-t-elle définie par la municipalité ? Par exemple pour accueillir des PME innovantes souhaitant bénéficier de l’opération Paris Saclay qui affiche « complet » dès maintenant.

« Favoriser la transition numérique ». Ces quartiers bénéficieront-ils en tout lieu d’un internet à haut débit et bien sûr des 3G et 4G ?

En matière d’organisation pratique, enfin, nous suggérons que pour les prochaines étapes, le débat soit animé par un professionnel et non par le Maire, qui ne peut raisonnablement pas cumuler les rôles de représentant de l’autorité locale, président de séance et modérateur

2° Remarques portant sur le site Pharmacie

imageLa mixité fonctionnelle et sociale est essentielle pour éviter un quartier « mort » le weekend. Il nous apparait donc nécessaire qu’il y ait un peu de logements sur ce site et également quelques services publics.

Concernant les contraintes du site, il est important de ne pas oublier l’eau souterraine (d’autant plus si le stationnement est souterrain), la dépollution du site (pas seulement le désamiantage, également les produits chimiques).

Il s’agit d’une entrée de ville, il serait donc intéressant d’envisager un signal architectural fort, quelque chose de particulier pour marquer l’entrée dans Châtenay-Malabry (un immeuble très contemporain par exemple, une passerelle pour marquer la liaison verte).

Comte tenu des récents abattages (passés ou envisagés) ayant affecté le Bois de Verrières pour des travaux d’infrastructures, le groupe souhaite que le rideau d’arbres en bordure de l’autoroute…

Le traitement de l’avenue JB Clément est essentiel en considération du flux de voiture actuel et à venir dans le cadre du projet de zone économique. 

Notre groupe a défendu durant la campagne un projet de « boucle verte » (sur le modèle de la coulée verte) permettant de relier tous les espaces verts de notre ville mais également les quartiers. Ce projet devrait être intégré dans les nouveaux quartiers dont celui de Pharmacie avec le Bois de Verrières à proximité.

La mise en place de cette boucle verte permettra de valoriser les espaces verts châtenaisiens, véritable patrimoine et marqueur de l’identité de notre ville. Cela permettra à la ville de Châtenay-Malabry de se différencier des autres villes avoisinantes et de participer ainsi à son attractivité. Cette dernière pourrait être renforcée par la mise en place de parking-relai en entrée de ville afin de permettre aux visiteurs de découvrir toute la richesse du patrimoine vert et historique (la cité jardin, la maison de Châteaubriand…) en empruntant la boucle verte et en s’arrêtant dans les différents parcs et espaces verts (arboretum, parc de la maison de Chateaubriand, parc de la vallée aux loups, parc de Sceaux, coulée verte…).

Cette boucle verte devrait permettre de se déplacer à pied, mais aussi en vélo, afin de permettre à tous les châtenaisiens d’en bénéficier au quotidien pour se rendre en toute sécurité dans les différents endroits de la ville. Ce serait aussi un vecteur pour faire découvrir à tous les châtenaisiens la richesse de leur ville, encore souvent méconnue. Ce côté utilitaire, devrait être renforcé grâce à la mise en place d’un parking à vélo adapté et sécurisé au niveau de la gare du Plessis-Robinson (RER B).

Il convient également de réfléchir au raccrochage du quartier châtenaisien se trouvant de l’autre côté de l’A86 à la ville de Châtenay par des aménagements spécifiques permettant une continuité de liaisons douces.

3° Remarques portant sur le site de Centrale

IMG_0752[1]Ce site à vocation dominante de logement doit s’inscrire dans une démarche globale de parcours résidentiel à l’échelle de la ville de Châtenay-Malabry : pouvoir se loger à tout âge et dans toutes circonstances de la vie. Le site actuel comporte 1200 logements étudiants dont une partie a été récemment rénovée, ce type de logement permettrait de répondre à un besoin important de jeunes en étude ou démarrant une vie professionnelle et cherchant en vain à se loger sur notre territoire.

Il convient donc de ne pas faire table rase de tout ce qui se trouve sur le site actuel. Il faut agir avec prudence et discernement quant aux démolitions, comme le prescrit du reste toute démarche authentique de développement durable, ce qui n’empêchera pas d’accrocher cet existant au reste de la ville à construire.

Certains équipements sont également présents sur le site : équipements sportifs dont un dojo et un gymnase certainement en meilleur état que le gymnase Brossolette.

IMG_0747[1]Des équipements culturels et de loisir manquant à Châtenay-Malabry : un parquet de danse, des salles de musique, de réunion et un petit théâtre constituant une salle intermédiaire qui fait défaut pour les spectacles locaux.

Là encore nous préconisons de conserver certains de ces équipements qui pourront bénéficier aux habitants du quartier comme de la ville dans son ensemble.

Dans les documents présentés, il semble qu’un pôle équipement public soit pressenti au niveau de la grande voie des vignes. Le bas de la division Leclerc manque d’équipements actuellement compte tenu de la forte densification en cours. Est-il donc opportun de vouloir tout concentrer à l’opposé ?

La notion de « morphologie variée » a été évoquée pour caractériser l’architecture des programmes immobiliers : attention à ne pas mettre les uns à côtés des autres des programmes immobiliers sans cohérence les uns par rapport aux autres. La beauté de la cité-jardin résulte notamment de la déclinaison des formes, de couleurs et des motifs architecturaux (de type « variation sur un même thème »).

CONCLUSION

Nous regrettons le départ de Centrale et Pharma, mais nous souhaitons nous tourner vers l’avenir et souhaitons être entendus par la majorité et associés étroitement aux projets en cours, qui présente des marges d’amélioration.

Nous savons que pour l’avenir de ces terrains, il n’existe pas de solution miracle, pas de réponse « clé-en-main ». Cela ne doit pas nous décourager de bâtir une vision globale et innovante de mise en valeur de notre patrimoine bâti, respectueuse de l’environnement, ambitieuse et de nature à consolider l’attractivité de notre ville et la qualité de vie qu’elle est en mesure d’offrir à ses habitants.


[1] Voir l’ensemble des comptes rendu sur la page : http://www.debatpublic.fr/print.html?id=147&type=debats_mo_ouverts